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Importance des fausses routes respiratoires chez 50 résidents testés aléatoirement en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD)

Modifié le 28/07/2022

Introduction et but de l’étude

Les fausses routes (FR) sont un danger permanent chez les personnes âgées en EHPAD, et une source importante d’anxiété chez les soignants et les entourages. Dans le but de tester un nouvel outil à type de robot conversationnel (« chatbot ») de dépistage et de conseil concernant les FR, l’étude évaluait les résultats obtenus avec application du questionnaire intégré dans le logiciel du robot.

Matériel et méthodes

Le questionnaire était appliqué par les personnels à 50 patients aléatoires. Il reprenait les principaux éléments du dépistage des FR présentés par ailleurs (1), ainsi que des éléments potentiellement associés aux FR. On utilisait les tests du Chi2 et de Mann-Whitney.

Résultats et Analyse statistique

La population incluait 74% de femmes. L’âge moyen était de 88,4 +/- 6,1 ans, l’IMC de 24,6 +/-4,6. 86,0 % des patients avaient une pathologie neurologique. On détectait des FR (après alimentation ou boisson : présence d’une toux ou d’une voix voilée ou d’une voix gargouillante) chez 62,0% des patients. Lorsqu’il y avait une FR, elle était uniquement aux solides dans 12,9% des cas, uniquement aux liquides dans 29,0% des cas et mixte dans 58,1% des cas. 4% des patients avaient une bouche sèche, 12,0% un bavage, 22,0% des problèmes dentaires, 34,0% une durée de repas principal >45 minutes, 50,0% recevaient >5 médicament/j, et 22,0% faisaient des infections pulmonaires à répétition. 32,0% des patients avaient une aide humaine et 18,0% une aide matérielle. Les patients qui faisaient des FR, versus ceux qui n’en faisaient pas avaient plus souvent une déglutition lente (25,8% vs 0% des cas, p =0,02), des problèmes dentaires (32,5 vs 5,3% des cas, p=0,02), un temps de repas principal >45 minutes (51,6 vs 5,3% des cas, p = 0,0008), des infections pulmonaires à répétition (32,3 vs 5,3% des cas, p=0,02). La satisfaction des soignants à la pratique des tests était notée à 7,5 +/- 1,8/10. Pour 31% des patients avec FR, le bilan indiquait l’intérêt d’une mise en nutrition entérale. Pour les 69% restants, des conseils de texture ou d’autres soins étaient prodigués (traitement de la bouche sèche, du bavage, des dents, aide au repas, réduction du nombre des médicaments).

Conclusion

62% des patients faisaient des FR, en lien positif avec la présence d’une déglutition lente ou difficile, de problèmes dentaires, de temps de repas longs, de pneumopathies à répétition. Les FR uniquement aux solides qui indiquent non pas un épaississement, mais une fluidification de l’alimentation, n’étaient pas rares. Les bilans permettaient de corriger les modalités d’alimentation de nombreux patients. L’indice de satisfaction du questionnaire destiné au robot conversationnel était bon.

Références

  1. Poster présenté :
    • aux Journées Francohones de nutrition du 27 au 29 novembre 2019 à Rennes,
    • au 9ème Congrès Francophone Frafilité du Sujet Agé, le Vieillissement Santé, Prévention de la perte d'autonomie les 10 et 11 juin 2021 à Toulouse.
  2. Desport JC, Fayemendy P, Jésus P, Salle JY. Conduite à tenir devant des troubles de la déglutition. Nutr Clin Metab 2014; 28:221-4.
  3. Pour en savoir plus sur les troubles de la déglutition et le Chatbot CliniBot, cliquez ici : http://www.linut.fr/actualites/replay-webinaire-reperer-les-troubles-de-la-deglutition.

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